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Suites en mathématiques

Cours de Première

II Suites arithmétiques

1°) Définition

On considère les nombres successifs suivants :

−10, −7, −4, −1, 2, 5, 8, 11, 14, 17, 20, 23 ...

Pour passer de chaque terme au suivant on ajoute la constante 3. On dit que ces nombres sont les termes successifs d'une suite arithmétique de raison égale à 3.

Soit a un entier naturel fixé et (un)n≥a une suite à termes réels, de premier terme ua. On dit qu'elle est une suite arithmétique s'il existe une constante réelle r telle que pour tout entier n ≥ a, un+1 = un + r, soit un+1 − un = r.

r s'appelle la raison de la suite arithmétique.

La suite des entiers naturels (un), pour tout n élément de ℕ avec un = n, est une suite arithmétique de raison 1 et de premier terme u0 = 0.

La suite des entiers naturels impairs (vn), pour tout n élément de ℕ* avec vn = 2n − 1, est une suite arithmétique de raison 2.

Remarque : une suite arithmétique est une suite récurrente définie par son premier terme et sa raison.

2°) Calcul des termes d'une suite arithmétique

Soient a un entier naturel fixé et (un)n≥a une suite arithmétique de raison r, on obtient :

ua+1 = ua + r ;

ua+2 = ua+1 + r ;

ua+3 = ua+2 + r ;

...

un−1 = un−2 + r ;

un = un−1 + r.

Il y a [n − (a+1) + 1] = (n − a) égalités.

Effectuons la somme membre à membre de ces (n − a) égalités :

ua+1 + ua+2 + ... + un−1 + un = ua + ua+1 + ... + un−2 + un−1 + (n − a)r.

D'où on obtient en simplifiant l'égalité suivante :

un = ua + (n − a)r pour tout n ≥ a.

Soient a un entier naturel fixé et (un)n≥a une suite arithmétique de premier terme ua et de raison r,

on a pour tout entier n ≥ a, un = ua + (n − a)r ;

et pour tout entier n ≥ a et entier p ≥ a, un = up + (n − p)r.

3°) Somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique

Soit (un)n≥1 une suite arithmétique de premier terme u1 et de raison r.

Soit k un entier ≥ 2, calculons la somme S des k premiers termes.

S = u1 + u2 + ... + uk−1 + uk.

Nous savons que pour tout 0 ≤ p ≤ k − 1 : up+1 = u1 + pr et uk−p = uk − pr alors up+1 + uk−p = u1 + uk (relation i).

D'où :

S = u1 + u2 + ... + uk−1 + uk ;

S = uk + uk−1 + ... + u2 + u1.

Effectuons la somme membre à membre :

S + S = u1 + uk + (u2 + uk−1) + (u3 + uk−2) + ... + (uk−2 + u3) + (uk−1 + u2) + uk + u1 ;

2S = u1 + uk + (u1 + uk) + (u1 + uk) + ... + (u1 + uk) + (uk + u1) + uk + u1 ;

2S = k(u1 + uk) ;

S = [k(u1 + uk)]÷2.

La somme de k termes consécutifs d'une suite arithmétique est le produit par k/2 de la somme du premier et du dernier terme de ces k termes.

n entier naturel non nul, calculons la somme des n premiers entiers.

S = 1 + 2 + ... + n est la somme des n premiers termes de la suite arithmétique (up)p≥1 de premier terme u1 = 1 et de raison 1, avec un = n. D'après le théorème, S = n(1 + n)÷2.

Pour tout n ≥ 1, S = 1 + 2 + ... + n = n(n+1)÷2.

Additif

On écrit k termes consécutifs d'une suite arithmétique, k entier ≥ 2.

Le premier et le dernier sont les termes extrêmes ; deux de ces k termes sont équidistants des extrêmes s'il y a autant de termes avant l'un qu'après l'autre.

La somme de 2 termes équidistants des extrêmes est égale à la somme des termes extrêmes.

u1, u2, u3, u4, u5, u6 termes consécutifs d'une suite arithmétique.

On a alors u1 + u6 = u2 + u5 = u3 + u4.

u1, u2, u3, u4, u5, u6, u7 termes consécutifs d'une suite arithmétique.

On a alors u1 + u7 = u2 + u6 = u3 + u5 = u4 + u4 = 2u4.

3 nombres x, y, z sont dans cet ordre 3 termes consécutifs d'une suite arithmétique

si et seulement si x + z = 2y.

4°) Sens de variation d'une suite arithmétique

Soient a un entier naturel fixé et (un)n≥a une suite arithmétique de raison r.

Si r > 0, la suite est strictement croissante.

Si r < 0, la suite est strictement décroissante.

Si r = 0, la suite est constante.

Démonstration.

Pour tout entier n ≥ a, un+1 = un + r, donc un+1 − un = r.

La différence un+1 − un a donc toujours le signe de r.

Si r > 0, pour tout n ≥ a, un+1 − un > 0 : la suite est strictement croissante.

Si r < 0, pour tout n ≥ a, un+1 − un < 0 : la suite est strictement décroissante.

Si r = 0, pour tout n ≥ a, un+1 = un : la suite est constante.

Soit la suite (un)n∈ℕ définie par un = 5 − 2n.

Pour tout n ∈ ℕ, un+1 − un = 5 − 2(n + 1) − (5 − 2n) = 5 − 2n − 2 − 5 + 2n = −2.

La suite est arithmétique de raison r = −2 < 0, elle est strictement décroissante.

On vérifie sur les premiers termes : u0 = 5, u1 = 3, u2 = 1, u3 = −1, ...

Soit la suite arithmétique (vn)n∈ℕ de premier terme v0 = −7 et de raison r = 0,5.

La raison est strictement positive, donc la suite est strictement croissante.

v0 = −7, v1 = −6,5, v2 = −6, v3 = −5,5, ...

Les termes sont négatifs au début, mais la suite est quand même croissante : c'est le signe de la raison qui compte, pas le signe des termes.

5°) Somme des n premiers entiers : démonstration

Au 3°) nous avons obtenu la formule 1 + 2 + ... + n = n(n+1)÷2 à partir du théorème sur la somme de termes consécutifs. Voici une démonstration directe, qui reprend l'idée attribuée à Gauss (voir la page somme des n premiers entiers).

Soit n un entier naturel non nul. On note Sn = 1 + 2 + 3 + ... + n.

On écrit la somme deux fois, une fois dans l'ordre et une fois dans l'ordre inverse :

Sn = 1 + 2 + 3 + ... + (n − 1) + n ;

Sn = n + (n − 1) + (n − 2) + ... + 2 + 1.

On additionne ces deux égalités membre à membre, en regroupant les termes qui sont l'un au-dessous de l'autre :

2Sn = (1 + n) + (2 + n − 1) + (3 + n − 2) + ... + (n − 1 + 2) + (n + 1).

Chaque parenthèse est égale à n + 1, et il y a n parenthèses :

2Sn = n(n + 1).

D'où :

Pour tout entier n ≥ 1, 1+2+…+n = n(n+1)2.

Pour n = 100 : 1 + 2 + ... + 100 = 100 × 101 ÷ 2 = 5050.

Pour n = 200 : 1 + 2 + ... + 200 = 200 × 201 ÷ 2 = 20100.

6°) Deux algorithmes

a) Calcul d'une somme de termes

La fonction Python suivante calcule la somme S = u0 + u1 + ... + un d'une suite arithmétique de premier terme u0 et de raison r. À chaque passage dans la boucle, on ajoute le terme u à la somme s, puis on passe au terme suivant en ajoutant r.

def somme(u0, r, n):
    u = u0
    s = 0
    for k in range(n + 1):
        s = s + u
        u = u + r
    return s

print(somme(2, 3, 10))

Le programme affiche 187. Vérifions avec le théorème du 3°) : u10 = 2 + 10 × 3 = 32 et la somme des 11 termes u0, ..., u10 vaut 11 × (2 + 32) ÷ 2 = 11 × 17 = 187.

b) Algorithme de seuil

Soit la suite arithmétique (un)n∈ℕ de premier terme u0 = 2 et de raison 3. Elle est strictement croissante. On cherche le plus petit entier n tel que un > 1000.

Le programme suivant calcule les termes les uns après les autres tant que un ≤ 1000, en comptant les étapes avec n.

u = 2
n = 0
while u <= 1000:
    u = u + 3
    n = n + 1
print(n, u)

Le programme affiche 333 1001 : le plus petit entier cherché est n = 333, et u333 = 1001.

On peut le vérifier par le calcul : un = 2 + 3n et 2 + 3n > 1000 ⇔ 3n > 998 ⇔ n > 332,66... donc n = 333. On a bien u332 = 998 ≤ 1000 et u333 = 1001 > 1000.

Exercices

Exercice II.1

(un)n≥0 est une suite arithmétique de premier terme u0 = 2 et de raison r = 3. Calculer la somme S des 50 termes consécutifs qui suivent le terme u50.

Voir la correction

Exercice II.2

(un)n≥0 est une suite arithmétique de premier terme u0 = 40 et de raison r = −3.

1) Quel est le sens de variation de cette suite ?

2) Exprimer un en fonction de n.

3) Déterminer par le calcul le plus petit entier n tel que un < 0.

4) On considère le programme Python suivant. Qu'affiche-t-il ? Comparer avec la question 3).

u = 40
n = 0
while u >= 0:
    u = u - 3
    n = n + 1
print(n)

Voir la correction

Exercice II.3

1) Calculer la somme 1 + 2 + 3 + ... + 200.

2) (un)n≥0 est la suite définie par un = 5 + 3n. Montrer que c'est une suite arithmétique, puis calculer la somme S = u0 + u1 + ... + u99.

3) Quelle instruction faut-il écrire avec la fonction somme du 6°) pour vérifier le résultat de la question 2) ?

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Corrections

Correction de l'exercice II.1

S = u51 + u52 + ... + u100 = 50 ÷ 2 × (u51 + u100).

u51 = u0 + (51 − 0)r = 2 + 153 = 155 ;

u100 = u0 + (100 − 0)r = 2 + 300 = 302.

S = 50 ÷ 2 × (155 + 302) = 25 × 457 = 11425.

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Correction de l'exercice II.2

1) La raison r = −3 est strictement négative, donc la suite est strictement décroissante.

2) Pour tout entier n ≥ 0, un = u0 + (n − 0)r = 40 − 3n.

3) un < 0 ⇔ 40 − 3n < 0 ⇔ 3n > 40 ⇔ n > 40 ÷ 3.

Or 40 ÷ 3 ≈ 13,33, donc le plus petit entier n tel que un < 0 est n = 14.

Vérification : u13 = 40 − 39 = 1 ≥ 0 et u14 = 40 − 42 = −2 < 0.

4) Le programme enlève 3 à u tant que u est positif ou nul, et compte les étapes avec n. Il s'arrête dès que u devient strictement négatif, c'est-à-dire quand u = u14 = −2.

Le programme affiche 14 : on retrouve le résultat de la question 3).

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Correction de l'exercice II.3

1) D'après la formule du 5°) avec n = 200 :

1 + 2 + ... + 200 = 200 × 201 ÷ 2 = 100 × 201 = 20100.

2) Pour tout entier n ≥ 0, un+1 − un = 5 + 3(n + 1) − (5 + 3n) = 3.

La suite est arithmétique de premier terme u0 = 5 et de raison 3.

u99 = 5 + 3 × 99 = 5 + 297 = 302.

S est la somme de (99 − 0 + 1) = 100 termes consécutifs, donc :

S = 100 ÷ 2 × (u0 + u99) = 50 × (5 + 302) = 50 × 307 = 15350.

3) Le premier terme est 5, la raison est 3 et le dernier terme est u99, il faut donc écrire print(somme(5, 3, 99)). Le programme affiche 15350.

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