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Suites en mathématiques

Cours de Première

XI Approche intuitive de la limite

Que deviennent les termes un d'une suite quand n devient très grand ? Ils peuvent se rapprocher d'un nombre, devenir aussi grands que l'on veut, ou ne se stabiliser nulle part.

Dans ce chapitre, nous observons ces comportements sur des exemples, avec des calculs, des tableaux de valeurs et des graphiques.

1°) Observer les termes quand n devient grand

a) La suite (1/n)

Soit la suite (un)n≥1 définie par un = 1/n.

n11010010001 000 000
un10,10,010,0010,000001

Les termes sont tous positifs, et ils deviennent de plus en plus petits.

Pour avoir un < 0,001, il suffit de prendre n > 1000. Pour avoir un < 0,000001, il suffit de prendre n > 1 000 000.

On peut rendre un aussi proche de 0 que l'on veut, à condition de prendre n assez grand. On dit que la suite tend vers 0.

b) La suite (n²)

Soit la suite (vn)n≥0 définie par vn = n².

n11010010001 000 000
vn110010 0001 000 0001012

Les termes deviennent aussi grands que l'on veut. Par exemple, pour avoir vn > 1012, il suffit de prendre n > 1 000 000.

On dit que la suite tend vers +∞.

c) La suite (2 + 1/n)

Soit la suite (wn)n≥1 définie par wn = 2 + 1/n.

n11010010001 000 000
wn32,12,012,0012,000001

On ajoute à 2 le nombre 1/n, qui devient de plus en plus petit. Les termes se rapprochent donc de 2.

L'écart entre wn et 2 est égal à 1/n. Il devient aussi petit que l'on veut quand n devient grand.

On dit que la suite tend vers 2.

12345678910111213141500,511,522,53ny = 2
Les points (n ; 2 + 1/n) pour n allant de 1 à 15 se rapprochent de la droite d'équation y = 2 (en pointillés).

d) La suite ((−1)n)

Soit la suite (tn)n≥0 définie par tn = (−1)n.

t0 = 1 ; t1 = −1 ; t2 = 1 ; t3 = −1 ; ...

Si n est pair, tn = 1. Si n est impair, tn = −1. Par exemple t1000 = 1 et t1001 = −1.

Les termes sautent sans arrêt de 1 à −1. Ils ne se rapprochent d'aucun nombre, et ils ne deviennent pas aussi grands que l'on veut.

On dit que la suite n'a pas de limite.

1234567891011120−1,5−1−0,50,511,5n
Les points (n ; (−1)n) pour n allant de 0 à 12 : ils sont alternativement à la hauteur 1 et à la hauteur −1.

2°) Vocabulaire

En Première, on ne donne pas de définition précise de la limite d'une suite. Le vocabulaire ci-dessous est utilisé au sens intuitif. Les définitions et les théorèmes sont vus en Terminale.

Soit (un) une suite et ℓ un nombre réel.

Si les termes un deviennent aussi proches de ℓ que l'on veut quand n est assez grand, on dit que la suite tend vers ℓ, ou qu'elle converge vers ℓ. On écrit limn→+∞ un = ℓ.

Si les termes un deviennent aussi grands que l'on veut quand n est assez grand, on dit que la suite tend vers +∞. On écrit limn→+∞ un = +∞. (De même pour −∞ : les termes deviennent négatifs, aussi grands que l'on veut en valeur absolue.)

Une suite qui ne converge pas est dite divergente.

Reprenons les exemples du 1°) :

Remarque : « diverger » ne veut pas dire « tendre vers l'infini ». Une suite diverge soit parce qu'elle tend vers +∞ ou −∞, soit parce qu'elle n'a pas de limite du tout, comme ((−1)n).

On ne parle de limite d'une suite que lorsque n tend vers +∞, car n est un entier naturel.

3°) Limite de qn selon la valeur de q

Les suites géométriques (qn) sont très utilisées (voir le chapitre X). Observons leurs termes pour quatre valeurs de q.

n2n0,5n(−0,5)n1n
01111
120,5−0,51
240,250,251
380,125−0,1251
5320,03125−0,031251
101024≈ 0,000977≈ 0,0009771
201 048 576≈ 0,00000095≈ 0,000000951

Pour q = 2 : les termes doublent à chaque rang. Ils deviennent aussi grands que l'on veut : (2n) semble tendre vers +∞.

Pour q = 0,5 : les termes sont divisés par 2 à chaque rang. Ils restent positifs et se rapprochent de 0 : (0,5n) semble converger vers 0.

Pour q = −0,5 : les termes changent de signe à chaque rang, mais ils se rapprochent quand même de 0. En effet, (−0,5)n et 0,5n ont la même distance à 0. La suite semble converger vers 0.

Pour q = 1 : tous les termes sont égaux à 1. La suite est constante, elle converge vers 1.

Enfin, pour q = −2, on obtient 1, −2, 4, −8, 16, −32 ... Les termes changent de signe et s'éloignent de plus en plus de 0 : la suite n'a pas de limite.

Soit q un nombre réel.

Si q > 1, la suite (qn) tend vers +∞.

Si −1 < q < 1, la suite (qn) converge vers 0.

Si q = 1, la suite (qn) est constante égale à 1 : elle converge vers 1.

Si q ≤ −1, la suite (qn) n'a pas de limite.

Nous admettons ce résultat, observé sur les tableaux de valeurs. Il est démontré en Terminale.

4°) Un algorithme de seuil

La suite (0,9n) converge vers 0, car −1 < 0,9 < 1. Ses termes finissent donc par devenir plus petits que 0,001.

Cherchons le plus petit entier n tel que 0,9n < 0,001.

On part de u = 0,90 = 1. Tant que u ≥ 0,001, on multiplie u par 0,9 et on ajoute 1 à n.

n = 0
u = 1
while u >= 0.001:
    u = u * 0.9
    n = n + 1
print(n)

Le programme affiche 66.

Vérifions à la calculatrice : 0,965 ≈ 0,00106, qui est encore supérieur à 0,001 ; et 0,966 ≈ 0,000955 < 0,001.

Le plus petit entier n tel que 0,9n < 0,001 est donc n = 66. Comme la suite est décroissante, on a aussi 0,9n < 0,001 pour tout n ≥ 66.

5°) Pour aller plus loin

Les définitions précises de la limite et les théorèmes sur les limites de suites sont étudiés dans le cours de Terminale. Les élèves curieux peuvent aussi lire le chapitre VII Convergence d'une suite vers zéro de ce cours, qui est hors programme en Première.

Exercices

Exercice XI.1

On considère les suites définies pour tout n ≥ 1 par :

un = (2n + 1) / (n + 1) = 2n+1n+1 ; vn = 5 − n ; wn = 1 + (−1)n / n.

1) Calculer chaque suite pour n = 1, 10, 100 et 1000 (on donnera des valeurs arrondies au millième). Calculer aussi w11 et w101.

2) Conjecturer le comportement de chaque suite quand n devient grand.

Voir la correction

Exercice XI.2

Sans démonstration, en calculant quelques termes, conjecturer le comportement des suites (0,8n), (1,05n) et ((−1,2)n) quand n devient grand. Comparer avec la propriété du 3°).

Voir la correction

Exercice XI.3

Un capital est placé à intérêts composés au taux de 5 % par an. Il est donc multiplié par 1,05 chaque année.

1) Écrire un programme Python qui donne le plus petit entier n tel que 1,05n > 2.

2) Que signifie ce résultat pour le capital ?

Voir la correction

Corrections

Correction de l'exercice XI.1

1) Valeurs arrondies au millième :

n1101001000
un1,5≈ 1,909≈ 1,990≈ 1,999
vn4−5−95−995
wn01,11,011,001

w11 = 1 − 1/11 ≈ 0,909 et w101 = 1 − 1/101 ≈ 0,990.

2) Les termes un se rapprochent de 2 : la suite (un) semble converger vers 2.

Les termes vn sont négatifs et deviennent aussi grands que l'on veut en valeur absolue : la suite (vn) semble tendre vers −∞.

Les termes wn sont tantôt au-dessus de 1 (n pair), tantôt en dessous (n impair). Mais l'écart avec 1 vaut 1/n, qui devient de plus en plus petit. La suite (wn) semble converger vers 1, bien qu'elle ne soit pas monotone.

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Correction de l'exercice XI.2

0,810 ≈ 0,107 ; 0,850 ≈ 0,0000143 ; 0,8100 ≈ 0,0000000002. Les termes se rapprochent de 0 : la suite semble converger vers 0. C'est le cas −1 < q < 1.

1,0510 ≈ 1,63 ; 1,0550 ≈ 11,47 ; 1,05100 ≈ 131,5. Les termes grandissent lentement au début, puis de plus en plus vite : la suite semble tendre vers +∞. C'est le cas q > 1.

(−1,2)10 ≈ 6,19 ; (−1,2)11 ≈ −7,43 ; (−1,2)50 ≈ 9100 ; (−1,2)51 ≈ −10 921. Les termes changent de signe à chaque rang et s'éloignent de 0 : la suite n'a pas de limite. C'est le cas q ≤ −1.

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Correction de l'exercice XI.3

1) On part de u = 1,050 = 1 et on multiplie par 1,05 tant que u ≤ 2.

n = 0
u = 1
while u <= 2:
    u = u * 1.05
    n = n + 1
print(n)

Le programme affiche 15. En effet, 1,0514 ≈ 1,980 ≤ 2 et 1,0515 ≈ 2,079 > 2.

2) Au bout de n années, le capital C0 est devenu C0 × 1,05n. Le capital a donc plus que doublé au bout de 15 ans, et pas avant. Voir aussi la page sur les intérêts composés.

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