III Suites géométriques
1°) Définition des suites géométriques
Soit a un entier naturel fixé, la suite (un)n≥a est une suite géométrique s'il existe une constante réelle q telle que pour tout entier n ≥ a, un+1 = un × q ; q est appelée la raison de la suite géométrique.
Une suite géométrique est définie par son premier terme et sa raison.
q réel fixé ≠ 0.
La suite (qn)n∈ℕ est une suite géométrique de raison q car pour tout n ∈ ℕ, qn+1 = qn × q.
2°) Calculer les termes d'une suite géométrique
Pour tout entier n ≥ a, un = ua × qn−a.
Pour tout entier n ≥ p, un = up × qn−p.
3°) Somme des termes consécutifs d'une suite géométrique
u1, u2, u3, ..., uk sont k termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q ≠ 1.
S = u1 + u2 + u3 + ... + uk−1 + uk ;
Sq = u1q + u2q + u3q + ... + uk−1q + ukq
= u2 + u3 + ... + uk−1 + uk + ukq ;
Sq − S = ukq − u1 or uk = u1 × qk−1 ;
Sq − S = u1qk − u1 ;
S(q − 1) = u1(qk − 1) ;
S = u1(qk − 1)÷(q − 1).
La somme de k termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q ≠ 1 est le produit du premier des k termes par : (qk − 1)÷(q − 1).
Soit (un)n∈ℕ la suite géométrique de premier terme u0 = 2 et de raison q = 3.
Calculons la somme S = u20 + u21 + ... + u60.
S est la somme de (60 − 20 + 1) = 41 termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q ≠ 1, de premier terme u20 et de dernier terme u60.
S = u20 × (q41 − 1)÷(q − 1) et u20 = u0 × q20−0 = 2 × 320.
S = 2 × 320 × (341 − 1) ÷ (3 − 1) = 320 × (341 − 1).
x réel ≠ 1, n ∈ ℕ*.
1 + x + x2 + ... + xn est la somme de n+1 termes consécutifs d'une suite géométrique de raison x ≠ 1, le premier terme étant égal à 1.
Si x ≠ 1, 1 + x + x2 + ... + xn = (xn+1 − 1)÷(x − 1).
Additif
Lorsque l'on a k termes consécutifs d'une suite géométrique, le produit de 2 termes équidistants des extrêmes est égal au produit des 2 termes extrêmes.
Si x ≠ 0, 3 nombres x, y, z sont dans cet ordre 3 termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si : xz = y2.
(La condition x ≠ 0 est nécessaire : par exemple 0, 0, 5 vérifient xz = y2 mais ne sont pas 3 termes consécutifs d'une suite géométrique.)
4°) Sens de variation d'une suite géométrique
Soit (un)n∈ℕ une suite géométrique de premier terme u0 ≠ 0 et de raison q réel non nul. Pour tout n ∈ ℕ, un = u0 × qn.
Si u0 > 0 :
- si q > 1, la suite est strictement croissante ;
- si 0 < q < 1, la suite est strictement décroissante ;
- si q = 1, la suite est constante.
Si u0 < 0, les deux premiers cas sont inversés : si q > 1 la suite est strictement décroissante, si 0 < q < 1 la suite est strictement croissante ; si q = 1 elle est constante.
Si q < 0, la suite n'est ni croissante, ni décroissante.
Démonstration.
Pour tout n ∈ ℕ, un+1 − un = u0 × qn+1 − u0 × qn = u0qn(q − 1).
Premier cas : q > 0. Alors qn > 0, et un+1 − un a le signe du produit u0(q − 1).
Si u0 > 0 et q > 1, on a u0(q − 1) > 0 : la suite est strictement croissante.
Si u0 > 0 et 0 < q < 1, on a u0(q − 1) < 0 : la suite est strictement décroissante.
Si u0 < 0, le produit u0(q − 1) change de signe, donc le sens de variation est inversé.
Si q = 1, on a un+1 − un = 0 : la suite est constante.
Deuxième cas : q < 0. Alors qn est positif quand n est pair et négatif quand n est impair. Les termes un changent de signe à chaque rang, donc la suite n'est pas monotone.
un = 5 × 2n : u0 = 5 > 0 et q = 2 > 1, la suite est strictement croissante.
u0 = 5, u1 = 10, u2 = 20, u3 = 40, ...
vn = 3 × 0,5n : v0 = 3 > 0 et 0 < q = 0,5 < 1, la suite est strictement décroissante.
v0 = 3, v1 = 1,5, v2 = 0,75, v3 = 0,375, ...
wn = −2 × 3n : w0 = −2 < 0 et q = 3 > 1, la suite est strictement décroissante.
w0 = −2, w1 = −6, w2 = −18, w3 = −54, ...
tn = (−2)n : t0 = 1 et q = −2 < 0.
t0 = 1, t1 = −2, t2 = 4, t3 = −8, ... On a t0 > t1 mais t1 < t2 : la suite n'est ni croissante, ni décroissante.
5°) Un algorithme de seuil
Un capital de 1000 euros est placé à intérêts composés au taux annuel de 3 %. Au bout de combien d'années aura-t-il doublé ?
On note Cn le capital au bout de n années. Chaque année le capital est multiplié par 1 + 3 ÷ 100 = 1,03. (Cn) est la suite géométrique de premier terme C0 = 1000 et de raison q = 1,03 : Cn = 1000 × 1,03n.
Comme C0 > 0 et q > 1, la suite est strictement croissante. On cherche le plus petit entier n tel que Cn ≥ 2000.
Le programme suivant multiplie le capital par 1,03 tant qu'il est inférieur à 2000, et compte les années avec n.
c = 1000
n = 0
while c < 2000:
c = c * 1.03
n = n + 1
print(n)Le programme affiche 24. Le capital aura doublé au bout de 24 années.
Vérification à la calculatrice : C23 = 1000 × 1,0323 ≈ 1973,59 < 2000 et C24 = 1000 × 1,0324 ≈ 2032,79 ≥ 2000.
Remarque : en Python on écrit 1.03 avec un point, et non une virgule.
Exercices
Exercice III.1
Une somme de 10 000 euros est placée à un taux d'intérêt annuel de 4,5 %. Chaque année, les intérêts sont calculés sur le capital initial + intérêts acquis (intérêts composés).
De quelle somme dispose-t-on au bout de 20 ans ?
Exercice III.2
Une population d'oiseaux compte 800 individus en 2025. Chaque année, elle diminue de 10 %.
On note vn le nombre d'oiseaux en l'année 2025 + n, avec v0 = 800.
1) Montrer que (vn) est une suite géométrique. Donner sa raison et exprimer vn en fonction de n.
2) Quel est le sens de variation de la suite (vn) ?
3) Écrire un programme Python qui donne le plus petit entier n tel que vn < 400. En quelle année la population aura-t-elle diminué de moitié ?
Exercice III.3
Étudier le sens de variation des suites géométriques suivantes, définies pour tout n ∈ ℕ :
1) un = −3 × 2n ;
2) vn = 6 × 0,8n ;
3) wn = 4 × (−0,5)n.
(Les sections 4°) et 5°) sont utiles pour les exercices III.2 et III.3.)
Corrections
Correction de l'exercice III.1
C0 le capital initial C0 = 10 000 euros ;
C1 le capital au bout d'un an ;
C2 le capital au bout de 2 ans ;
...
Cn le capital au bout de n ans.
On veut calculer C20.
Exprimer Cn+1 en fonction de Cn.
Cn+1 est égal à la somme disponible au bout de n+1 années.
Cn+1 est égal à la somme disponible au bout de n années plus les intérêts d'un an sur cette somme.
Cn+1 = Cn + (4,5 ÷ 100) × Cn = 1,045 × Cn alors q = 104,5 ÷ 100.
Pour tout n ∈ ℕ, Cn+1 = Cn × q.
(Cn) est la suite géométrique de premier terme C0 = 10 000 et de raison q = 104,5 ÷ 100, on a alors :
C20 = C0 × q20−0 = 10 000 × 1,04520 ≈ 24 117,14 euros.
Correction de l'exercice III.2
1) Diminuer de 10 % revient à multiplier par 1 − 10 ÷ 100 = 0,9.
Pour tout n ∈ ℕ, vn+1 = vn × 0,9.
(vn) est la suite géométrique de premier terme v0 = 800 et de raison q = 0,9, donc vn = 800 × 0,9n.
2) v0 = 800 > 0 et 0 < q = 0,9 < 1, donc la suite (vn) est strictement décroissante.
3) On multiplie v par 0,9 tant que v est supérieur ou égal à 400, et on compte les années avec n :
v = 800
n = 0
while v >= 400:
v = v * 0.9
n = n + 1
print(n)Le programme affiche 7.
Vérification : v6 = 800 × 0,96 ≈ 425,15 ≥ 400 et v7 = 800 × 0,97 ≈ 382,64 < 400.
La population aura diminué de moitié au bout de 7 ans, c'est-à-dire en 2025 + 7 = 2032.
Correction de l'exercice III.3
1) u0 = −3 < 0 et q = 2 > 1.
Pour tout n ∈ ℕ, un+1 − un = −3 × 2n × (2 − 1) = −3 × 2n < 0.
La suite (un) est strictement décroissante : u0 = −3, u1 = −6, u2 = −12, u3 = −24, ...
2) v0 = 6 > 0 et 0 < q = 0,8 < 1.
Pour tout n ∈ ℕ, vn+1 − vn = 6 × 0,8n × (0,8 − 1) = −1,2 × 0,8n < 0.
La suite (vn) est strictement décroissante.
3) La raison q = −0,5 est négative. Calculons les premiers termes :
w0 = 4, w1 = −2, w2 = 1, w3 = −0,5, ...
On a w0 > w1 mais w1 < w2. La suite (wn) n'est ni croissante, ni décroissante.